Il y a deux ans, mon ami Laurent, photographe professionnel, s'est acheté une trottinette électrique. À l'époque, j'ai trouvé ça un peu gadget. Ses séances photos en studio, ses reportages en extérieur — je ne voyais pas trop où ça rentrait dans son quotidien. Et puis un jour, en passant le prendre pour un shooting en région parisienne, je l'ai vu ranger son engin dans le coffre de sa voiture. « Tu vas me dire que tu utilises ça vraiment ? » je lui demande. Il m'a répondu : « Tous les jours depuis deux ans. C'est devenu mon truc incontournable. » Depuis ce moment, je lui pose régulièrement des questions sur la pratique réelle, loin de la théorie.
Ce qui m'a frappé en l'écoutant, c'est que Laurent ne parlait pas comme un geek de gadget électronique. Il parlait d'efficacité, de temps gagné, et franchement, de plaisir de déplacement. Je me suis dit : il faut que je documente ça correctement pour nos lecteurs.
Laurent m'a confié que l'autonomie, c'est la première chose qu'on ne comprend vraiment qu'une fois qu'on l'utilise plusieurs mois. Sur le papier, une trottinette affiche 25, 40, ou même 50 km d'autonomie. Mais dans la réalité ? Ça dépend de tout. Le poids du rider, la pente des rues, la météo, même le type de bitume joue.
« Pour mes trajets quotidiens, je dois aller du 10e au 16e arrondissement. C'est environ 8 km aller-retour, » m'a-t-il expliqué. « Avec la trottinette que j'ai, je me retrouve avec 60 à 70% de batterie à la fin de la journée. C'est rassurant. Je n'ai jamais peur de rester bloqué quelque part. » Ce qui compte vraiment pour lui, c'est ne pas être anxieux. Une autonomie réelle de 30 km sur un trajet quotidien de 10 km, c'est de la marge confortable.
Ensuite il y a la recharge. Laurent branche sa trottinette chaque soir sur une prise standard chez lui — pas besoin de borne spécialisée. Selon lui, environ 6 à 8 heures pour une charge complète, ce qui correspond bien à un rythme normal de travail et sommeil. « Je la branche en revenant du boulot, elle est prête le lendemain matin. »
Sur l'article Wikipedia consacré à la trottinette électrique, on voit rapidement que les modèles varient entre 25 et 60 km/h selon les versions. Laurent m'a expliqué quelque chose que j'avais sous-estimé : la vitesse maximale annoncée par le fabricant et la vitesse réelle d'usage quotidien, ce ne sont pas du tout les mêmes choses.
« Pour mes déplacements urbains, je ne dépasse jamais 35-40 km/h, » m'a confié Laurent. « Au-delà, la stabilité devient un vrai problème sur les pavés ou quand on croise un piéton. Et puis honnêtement, descendre à cette allure sur une trottinette avec des pneus si fins, ça fait peur. » Ce qui l'a vraiment impressionné, c'est la progressivité de l'accélération et la manière dont la trottinette se comporte dans les virages serrés des petites rues parisiennes.
Je lui ai demandé ce qui pouvait le décevoir. « Les phares. Les phares avant et arrière sur ma trottinette sont très faibles. C'est un vrai point faible quand tu dois sortir le soir ou tôt le matin pour tes shootings. J'ai dû ajouter des éclairages supplémentaires. C'est dommage que ce ne soit pas mieux pensé d'usine. »
Laurent revient souvent sur ce point quand on en parle : le freinage. « Tu peux avoir une belle batterie, un beau moteur, mais si le freinage n'est pas à la hauteur, tu as un problème majeur. » Il a tâtonné sur le sujet lors de son achat initial.
Il existe deux technologies principales. Les freins à disque mécanique, qui rappellent vaguement les vélos de route, et les freins électrohydrauliques, plus progressifs mais demandant un entretien plus régulier. Après deux ans, Laurent préfère les freins hybrides : moteur électrique qui freine d'un côté, disque mécanique de l'autre. « Ça donne de la redondance. Si l'un des systèmes lâche, tu n'es pas bloqué. Et sur les pentes raides du 16e, c'est vraiment appréciable. »
Ce qui l'a surpris, c'est que le temps de réaction du freinage dépend aussi beaucoup du poids du conducteur et de la charge transportée. Avec son sac photo pesant 5 à 8 kg, Laurent remarque que l'arrêt est un poil plus long que sur une trottinette à vide, mais c'est resté dans les normes acceptables.
« Mon dos n'a jamais apprécié les mauvaises amortisseurs, » m'a dit Laurent avec un sourire. Lui qui passe ses journées derrière un appareil photo, avec déjà des tensions cervicales, il a vite compris que la qualité de la suspension était un investissement dans sa santé.
Les petites roues des trottinettes électriques, même si elles font 8 ou 10 pouces, ne pardonnent pas grand-chose. « Les pavés de Paris, les ralentisseurs en béton, c'est brutal quand tu n'as pas une bonne suspension. » Il a choisi un modèle avec amortisseurs avant et arrière plutôt que des ressorts. La différence est notable sur les longs trajets.
De plus, selon l'organisation Que Choisir, la durabilité des pneus sur ces engins dépend largement du type de terrain fréquenté. Avec ses trajets urbains réguliers, Laurent remarque une usure visible tous les 6 à 8 mois, d'où l'importance d'avoir des pneus facilement remplaçables.
Laurent doit souvent monter les escaliers de son immeuble avec sa trottinette, ou la ranger dans son studio quand la météo devient mauvaise. Un engin de 30 kg, ça peut vite devenir une corvée. Le sien pèse environ 13 kg, ce qui est raisonnable.
« Je peux la porter d'une main en montant les escaliers, c'est un détail, mais c'est important pour moi. » Il faut aussi considérer la taille pliée pour le rangement. Sa trottinette se plie assez compact pour rentrer sous son lit ou dans le placard de son studio parisien. Pour quelqu'un qui utilise les transports en commun ou qui voyage, c'est un critère de sélection majeur.
Après deux ans, je lui ai demandé combien ça lui avait vraiment coûté en maintenance. « Moins qu'on ne le croirait, mais il y a du suivi à faire, » répondit Laurent. Batterie protégée des chocs, freins à vérifier régulièrement, pneus à surveiller. Il estime dépenser environ 80 à 120 euros par an en entretien mineur (graissage des pivots, vérification des connexions électriques).
Ce qui l'a concerné une fois, c'est un problème de corrosion légère sur le moteur après une pluie particulièrement intense. Heureusement, la plupart des fabricants d'aujourd'hui pensent à protéger ces zones critiques. Il suffit de ne pas rouler dans des flaques d'eau trop profondes et d'éviter de laver sa trottinette au jet haute pression.
Laurent m'a confié qu'il avait découvert la réglementation APRÈS son achat, ce qui n'était pas idéal. En France, les trottinettes électriques doivent rouler sur les pistes cyclables ou la chaussée, pas sur les trottoirs (sauf à l'allure du pas, avec prudence). La vitesse maximale tolérée est de 25 km/h en agglomération. Plusieurs villes ont aussi mis en place des zones réglementées.
« Ça ne m'a jamais dérangé parce que je dois respecter ces règles de toute façon, » explique Laurent. « Mais j'ai des copains qui se sont offert une bête capable de 50 km/h pensant pouvoir l'utiliser partout en France... c'est pas comme ça que ça marche. » Il faut aussi avoir une assurance responsabilité civile, selon ses dires.
Du point de vue sécurité, après deux ans, Laurent swear by un casque de qualité. « Je roulais sans au début, juste pour tester. Grosse erreur. J'ai avalé un gravillon, panique, freinage d'urgence. Depuis, casque systématique. Et réflecteurs partout. » Il a ajouté des autocollants réfléchissants sur le pont et les roues.
Laurent, avant d'acheter, a comparé plusieurs modèles en détail. Selon lui, la gamme se divise assez nettement : les modèles d'entrée de gamme (autour de 300 à 500 euros), les modèles intermédiaires (700 à 1200 euros) et les haut de gamme (1500 euros et plus). « Le vrai choix pertinent, c'est la gamme intermédiaire, » affirme-t-il. « Un modèle premier prix, les moteurs lâchent au bout d'un an. Un haut de gamme, tu paies surtout pour des features que tu n'utiliseras pas vraiment en ville. »
Son conseil principal ? Essayer avant d'acheter. « J'ai eu de la chance, un copain m'a laissé tester la sienne une semaine avant que j'achète. Ça m'a permis de savoir si le positionnement des pieds me convenait, si la barre était trop haute ou trop basse, comment je me sentais sur les virages. » Sur les sites de vente en ligne comme Amazon, il y a des avis clients utiles, mais rien ne vaut une dizaine de minutes sur l'engin réel.
Quand je lui ai demandé s'il regrette son achat, Laurent a ri : « Zéro regret. J'utilise ça plusieurs fois par semaine, parfois tous les jours pendant des périodes. Ça m'a fait gagner en moyenne 15-20 minutes par trajet comparé aux transports en commun, et c'est plus flexible. Le coût d'usage ramené à la journée, c'est très raisonnable. »
Il a aussi remarqué un aspect inattendu : c'est devenu une sorte de passion de geek urbain. Rejoindre une communauté de gens qui trottinent, échanger des conseils sur Reddit ou dans des groupes Facebook, trouver des spots sympas pour essayer, c'est devenu un loisir à part entière pour lui.
Son dernier conseil en date : « Achète une trottinette qui correspond à ton poids, tes trajets, et ta géographie locale. Ne confonds pas ton besoin réel avec ce que les marketings veulent te vendre. Et surtout, investi dans un bon casque et une assurance. L'engin lui-même, c'est secondaire si tu termines à l'hôpital. »
— Article rédigé et relu par l'équipe UniverConso. Si vous avez une question ou un retour d'expérience, contactez-nous !
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